jeudi 8 mai 2014

Ceci n'est pas un coup de gueule

Dans certaines parfumeries (ou autre boutiques de luxe) les employés vous font comprendre d'un simple regard que vous n’êtes qu’une pauvre petite poussière qui erre dans un monde merveilleux où Parfums, maquillages et cosmétiques hors de prix sont les maîtres des lieux. 
Vous entrez donc dans un monde doré qui n’est pas le vôtre. 
Comment osez-vous troubler la beauté des lieux avec vos sabots crottés et vos cheveux aux quatre vents ?
Impies, vous souillez le sacré ! 
Ici on vend du pur luxe et de la marque. Et ce luxe s'affiche et se paye.

Madame Schwartzkatzenberger et Monsieur Michou sont les sphinx des lieux*. Ils vous toisent avec un mépris mal dissimulé. C’est un air de circonstance, un air hautin naturel. Les sourires sont pincés et leurs regards sont suffisamment éloquents pour vous donner l’envie de rebrousser chemin et de ne jamais (oh non jamais!) penser à revenir.
Sur le coup je me demande si l’alcool des parfums évaporés dans l'air ambiant ne me fait pas halluciner. Suis-je tombé dans une branche extrémiste du Vatican, dois-je payer un droit d’entrée, faire un signe particulier, baiser le sol, revenir habillé en Prada?
Je fais un pas en avant et j’avale presque mon chewing gum (pas la noisette qu’ils réservent à leur clientèle ploutocrate).
Alors, je veux sentir le nouveau parfum d'Etro, puis le tout dernier Juliette Has a Gun, replonger dans Eau d’Hadrien et essayer le dernier Shalimar Ode à la Vanille du Mexique.
Ah, vous n’avez pas le testeur? Et c’est quoi ce flacon là sur l’étagère Guerlain? 
Soit elle me prend pour une bille soit elle ne connait pas la forme du flacon de Shalimar (!!).
J’opte pour ma première pensée.
J’en rajoute une couche en lui demandant les ingrédients de la composition. Elle réajuste ses binocles et tente de lire une étiquette au verso de l’emballage: alcool, fragrance, aqua, ethylhexyl methoxycinnamate, red4 (CI14700), yellow 5 (CI19140)… blablabla. 
C’est jouissif. Mais c’est pas moi qui ai commencé.
I’ll be back.
Force est d’admettre que cette parfumerie possède une très belle gamme de parfums mainstream et créations de niche. La tentation est toujours trop forte.
Alors, comme un mulet borné je renouvelle assez fréquemment cette même expérience en retournant dans la cage aux fauves (aventure momentanément douloureuse au seuil de la boutique mais ô combien jubilatoire).

Avec toujours cette même naïveté enfantine qui fait fi de ces gardiens asséchés je joue à leur propre jeu. Je les snobe avec panache et je trace vers le testeur qui m’intéresse. Parfois affolés par mon intrusion ils tentent une approche. C’est un effort surhumain que de daigner s’adresser à ma petite personne pour me proposer une aide. En fait, ce n’est pas moi qui les intéresse mais plutôt le vapo que je viens de saisir (voyant que je tiens dans mes mains de profane le saint Graal). Je prends alors ce même regard de dédain et je largue avec indifférence un "non, ça ne sera pas nécessaire"

Inutile de demander le moindre échantillon. Leur visage se crispe d'une profonde tristesse comme devant un frigo vide. Par le plus grand des hasards leurs tiroirs sont momentanément à sec (pour moi) alors que Madame Truc Muche de la Motte qui vient de se faire reluire le berlingot à la cire La Praire croule sous les fioles et autres petites attentions.

Après un petit tour dans l’arène, paumé dans mes mouillettes et le nez embué, je prends l’exit. J’évite soigneusement un "merci" et "au revoir chère madame, votre compagnie fut un moment exquis"
Un "ciao !" fera l’affaire.

Je comprends la pauvre Julia Roberts dans Pretty Woman lors de sa malheureuse séance de shopping sur Rodéo Drive. Heureusement tout fini bien pour la belle; il y a une justice qui s’appelle: "le fric c’est chic".

Ah le luxe...
C'est quoi le luxe?

On dit que l’argent n’a pas d’odeur mais c'est à cause de ce genre d’attitude qu’il aura trouvé la sienne.

*Une belle parfumerie à l’ancienne à Hambourg qui fait aussi institut de beauté.
(Les noms des vendeurs sont inventés).

lundi 24 février 2014

S'il ne devait en rester qu'UN


On me demande souvent quel est MON parfum préféré (de TOUS les parfums du monde) et aussi, la question suivante, d’une évidence toute logique: quel serait le SEUL parfum que j’emporterais sur une île déserte.

1) Dur! C’est quasiment impossible de devoir choisir parmi tous ces trésors qui me ravissent chaque jour. Ils sont tous liés à un moment particulier de ma vie et je ne voudrais pas m'infliger cet ultimatum. 
Ils ont tous ce charme irrésistible qui rend plus belle la vie :)
Et,
2) Je ne vois pas vraiment ce que j’irai faire sur une île déserte.

Mais, bon an mal an, je joue le jeu et me creuse les méninges pour trouver une réponse satisfaisante à mon audience impatiente.

Je profite donc pour faire une liste des the one of my life.
Am stram gram…

Une fougère: Jicky, éperdument.

Un cuir: Bel Ami, évidemment.

Un ambre: Ambre Orient Armani Privé.

Un chypre: Profumo d’Acqua di Parma, 

Un Iris: Iris Silver Mist, monumental.

Un floral vert: Jasmine White Moss d’Estée Lauder.

Une rose: Nahéma de Guerlain.

Une tubéreuse: Carnal Flower, incontournable

Un vétiver: Vétyver Les Nombres d’Or par Mona, la classe!

Un Oud: ah non, basta! ca suffit les Ouds!

Un floral aldéhydé: Sublime de Patou.

Une eau: Eau d’Hermès, la grande.

Une eau fraîche: Acqua Decima d’Eau d’Italie.

Un boisé: Chamade pour Homme.

Et pour le dimanche: Ck Be.

Apparemment je ne sais pas compter; UN est pour moi un chiffre qui ne devrait pas rester seul.

Alors, qui veut m’accompagner pour habiter et embaumer cette fameuse île déserte ?

Faites votre liste.

samedi 16 février 2013

Marni Eau de parfum


Certaines marques prennent leurs clientes pour des shampouineuses écervelées ou des perruches frugivores. 
D’autres (principalement italiennes : Bottega, Prada, Marni…) apportent un peu plus d’attention et de consistance à leur produit et à leur image.

Marni (sous licence Estée Lauder) lance en Europe son premier parfum féminin en ce moment.

Je ne connaissais pas cette marque avant qu’on en parle lors de son association avec H&M l’année dernière et avec la préparation d’un premier parfum féminin. Alors, là tilt !  Un nouveau parfum, voilà de quoi susciter tous les intérêts.

Aussi, j’avoue ne pas avoir été attiré par le flacon ni le packaging…mais ne dit-on pas "qu’importe le flacon…" ?

Et j’ai bien fait.

Le départ du parfum est une jolie note cosmétique fluide et transparente de géranium rosé et oxydé (cette note qui fait l’ouverture en fanfare de Swarowski Aura).  Ce même accord métallique est enflammé de baie rose, poivre et de notes vertes (poire fraîche et granuleuse). L’évolution est intéressante dans le sens où l'on traverse différents stades (du chaud au froid, du piquant au souple). 
On aperçoit quelques visages familiers au coin de la rue (l’encens cotonneux du Untitled de Margiela), sur un cœur floral immatériel qui me rappelle un peu les effets mouillés-rosés du lychee et le vert du muguet. Ensuite, un souffle légèrement végétal prend le relais sur divers matériaux poudrés-boisés (vétiver-ionones) d’Infusion d’Iris. Le final richement musqué prend ses marques sur les matériaux souples et santalés de l’Eau Ambrée
Du beau monde, en somme.

Mais la surprise se dévoile quand on le l’attend pas. Derrière ce cortège de people se cache un néo chypre. Oui, oui. Comme si un fantôme des années 70 s’était planqué dans cette boule de muscs. (Un néo chypre sans mousse de chêne ni muscs nitrés mais avec la structure patchouly-vétiver et l’âpreté de l’evernyl).

Mirage ou prouesse technique ?

En tout cas, ce parfum, une fois porté est vraiment très agréable et incroyablement rémanant sur les textiles.

Les adeptes des parfums Prada (signés Daniela Andrier) reconnaîtront d'emblée la signature de la parfumeur.

Une première petite surprise pour ce début d'année.

mercredi 6 février 2013

Escentric Molecules N° 3


La magie de la parfumerie c’est aussi sa science. Une science qui la compose et qui consent à toutes les extravagances.
Si une vendeuse vous assure que tel ou tel nouveau parfum sur les liners des parfumeries est 100% naturel c’est qu’elle essaye de vous vendre une encyclopédie.
Le concept de la marque Escentric Molecules est avant-gardiste : bye bye poésie ici on parle chimie organique.

A l’inverse de bien des marques qui revendiquent leurs "belles matières premières" le parfumeur allemand Geza Schoen a contourné cette tendance en décidant de faire la part belle à 3 molécules de synthèse inconnues du grand public.
Il présente donc une molécule seule en solution dans l’alcool:
N°1 : Iso E Super gamma (note boisée douce cédrée et diffusive, passe partout). (Ingredients listés sur le packaging: alcool, eau, Iso E super),
N°2 : Ambroxan (note chaude, sensuelle et ambrée, et qui assure sillage et tenue aux parfums),
N°3 :  Acétate de Vétiveryle  (extraction de l’essence naturelle des racines de vétiver, distillée à la vapeur d’eau, purifiée et rectifiée),
puis sa variation "Escentric Molecule" qui est son interprétation autour d’un accord faussement simple. Cette dernière sert de support au parfum puisqu’elle l’aborde en tant que soliflore.

Escentric N°3 appuie sa facette de terre fraîche et de copeaux de bois (la fraction du vétiver) sur un départ agreste de gingembre piquant, de cardamome et d’autres subtilités épicées et aromatique (cyprès, genièvre…). Une touche de cèdre, de santal, de résines sur un flot de muscs blancs et on obtient une eau moderne, transparente et facile à porter.  
On pense aux notes boisées-encens de Comme des Garçons 2 Man, Poivre Samarcande, Kenzo Air ou alors aux mousses des sous-bois du Vétiver Extraordinaire.

Plus complexe qu'il n'y paraît et vraiment qualitatif (sauf les flacons vraiment basiques). 
Portez-les seuls ou en superposition et vous n'en recevrez que des compliments.

La nouvelle molécule N°4 (Cashmeran, Javanol...?) sera lancée cette année.

dimanche 20 janvier 2013

Le cauchemar du parfumeur



C’est le RHUME !

Pour le commun des mortels un nez enrhumé c’est souvent une des fatalités de l’hiver, un rendez-vous obligé.

Pour un parfumeur c’est la fin des haricots. C’est l’apocalypse, bébé !

La perspective un jour de rhume (et ça ne dure pas qu’un jour) c’est de rester chez soi à se concentrer sur ses autres sens. Privilégier Radio Classique au Patchouly Heart, Télé Shopping au dihydromyrcenol, ou zoner devant MTV plutôt que de faire ses gammes.

Comment finir mon projet ? Comment évaluer mes essais et les retoucher si besoin ? Comment percevoir les nuances fruitées dans mon dernier essai, le bon équilibre entre la figue et le raisin ?

Pour le parfumeur le rhume c’est un monde qui s’éteint. "C’est la dernière séance et le rideau est tombé. Bye-bye les héros que j'aimaisMajantol et bois doré..."
Fini le chant cotonneux des muscs ou l’allégresse d’un néo chypre. Deux narines muettes, esseulées et inutiles, privées de leur ration quotidienne de bonheur gazeux. La nature devient morte, c’est l’hivernation sur les bulbes olfactifs. 
On tombe subitement dans un coma olfactif et c'est l’anosmie qui nous sourit.

Le point positif (s’il en est un) c’est la renaissance de l’odorat. Passée la période critique des yeux en gelée, du nez en patate et des frissons dans l’échine, de nouveaux horizons s’ouvrent alors à notre odorat re-virginisé. Tel un nouveau-né qui découvrirait le bouquet inédit des roses tout est à reconquérir. L’odorat sort de sa léthargie et reconnecte ses stimuli au cerveau lui communiquant par la même occasion que notre voisine de métro porte Kenzo Jungle (et que pour cette fois, nous sommes heureux de re-sentir, pas de doute).

Un nouveau jour se lève. 
Retour à la case départ, mon précieux Guerlain a retrouvé sa place dans mon cou et je m’émerveille devant les notes butyriques du jus d’orange.

Vive l’odorat (même quand ça pue) !

dimanche 13 janvier 2013

Femme de Rochas




Il n'est pas si loin de nous le temps où Femme a été créé. Je ne fais pas directement allusion à Ève.

Son style (un chypre fruité-épicé) et sa richesse en font un portrait de parfumerie à la française qui symbolise une époque, les années 40-50, et un artisanat de tradition.

Si on le considère sous un autre angle, en faisant fi des modes, Femme est un chef d’œuvre de sensualité qui possède ce charme rétro et ce sillage un peu suranné. 
Lancer Femme en 2013 serait impensable; tout simplement parce que Femme n'est pas un produit marketing.
Il (le parfum) est la quintessence de la féminité préservée dans un flacon par Edmond Roudnitska et Marcel Rochas, telle une Vénus in fur fantasmée sortie de leurs imaginaires.
Il se compose des plus belles matières premières (la rose, le jasmin, l'ylang), celles qui célèbrent le deuxième sexe.

Paradoxalement, Femme en générique ne s’adresse pas à toutes les femmes. C'est comme lors d’une sérénade tout ne tombe pas cuit du ciel. 
Femme doit se laisser courtiser et elle seule décidera de vous octroyer ses charmes, ou pas. Ce qui m’amène à réinterpréter une célèbre citation: "on ne porte pas Femme, on la devient".

Femme est aussi un parfum dit "fourrure". 
Vu la sensualité débordante de cette essence on peut songer à une fourrure autre que celle des visons...
Femme est riche et généreux, aéré et texturé en même temps. Tous les paysages des courbes féminines sont représentés dans la pyramide olfactive. La chevelure hespéridée du départ (citron, néroli et bergamote) et les hanches boisées (santal, patchouly et une belle dose de vétiver) habillent un cœur de peau de pêche, de prune confite (accord prunol) et d’absolu rose. 
Les baumes soutiennent un bouquet d’épices  le cumin triomphe avec ses effets si particuliers de sueur et des plis de l’intimité. 
En final, la mousse de chêne naturelle accentue le coté terreux et sauvage de l’accord chypre. Une pointe d’immortelle prolonge le bouquet d’épices aux travers de tonalités cuirées et de résines grillées. La fourrure dont je parlais plus haut se change en velours (le velvet underground).

Quand je sens ce parfum je fais immediatement un bond dans le passé. Je ne dit pas qu'il est vieillot mais je trouve que sa personnalité résume une époque qui nous parait lointaine maintenant. On peut le trouver retro ou cocotte. Tout dépend de comment il est mis en valeur par celle qui le porte.

Femme est un temple.

"Le meilleur parfum du monde"selon la réclame des années 50.

dimanche 9 décembre 2012

Sans Elle

Georgia O'Keeffe - Le Pavot Rouge -

" Ne reste pas à pleurer devant ma tombe,
Je n'y suis pas, je ne suis pas mort,
Je suis un millier de vents qui soufflent,
Je suis le scintillement du diamant sur la neige,
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr,
Je suis la fine pluie d'automne,
...
Je suis la douce étoile qui brille dans la nuit,
Ne reste pas à te lamenter devant ma tombe;
Je n'y suis pas, je ne suis pas mort."


Poème anonyme    

          à Mona Di Orio
       19 juillet 1969 - 09 décembre 2011

dimanche 25 novembre 2012

Comme des Garçons Eau de parfum




Vous prendrez bien une gifle? Avec ou sans élan?

Il y’a des parfums qui vous enivrent, des parfums qui vous rebutent et d’autres qui vous "uppercutent".
CdG 1 est l’un de ceux-là : un électrochoc olfactif. Une audace inouïe doublée d’une brute aiguisée qui vous bouscule et vous irradie de ses éclaboussures épicées tout droit sorties de la pharmacopée chinoise.

Lancé en 1994 dans cette période de transparence, de mixité et d'odeur du grand large, Comme Des Garçons se démarque avec une première fragrance à son nom (un néo-chypre enflammé d'épices) et fidèle à son image décalée et avant-gardiste.
Le départ est, à mon sens, une bouffée verte un peu mouillée comme une vapeur de légume cru (le galbanum turbulent). Je ne parle pas de court bouillon mais l’idée de voir tremper des aromates et des épices dans le même bain m’a effleuré l’esprit (et le nez). C’est une image, bien entendu.

Aussi, l’ouverture évoque le croquant d’un bois végétal sur lequel on aurait planté des épices (coriandre, angélique) et aromates (eucalyptus, laurier). On imagine aussi ces oranges qu’on pique de clous de girofle pour décorer et parfumer la maison. On quitte la Chine pour rejoindre l'Inde. La vibration continue avec la brûlure des épices (feuilles de cannelle, cumin, muscade, piment et poivre) et une bouffée métallique de géranium. Cette nouvelle saveur amère crée le liant entre les épices et les corps boisés de la pyramide. Il n’y a pas de place pour les confiseries dans ce parfum; pas de praline ou de caramel pour rendre le parfum plus "doudouesque" mais juste quelques baumes résineux. 
Ce parfum prouve que le trait d'union entre chaud et glacé est dorénavant possible. 
CDG 1 est en quelque sorte la retransposition du légendaire Baume du Tigre en parfum(cette petite pommade miracle que l'on applique sur les tensions ou les tempes et dont les effluves mentholés-camphrés et épicés feraient même pleurer les statues).
Ou, dans un autre registre, prenez le timide œillet de l’Air du Temps et placez-le dans la sono d’un groupe heavy métal genre Iron Maiden un soir de transe.
Tentez donc l’expérience.
C’est une épreuve qui ne vous laissera pas de glace et qui éveillera à coup sûr tous vos chakras.

lundi 19 novembre 2012

007 - le parfum James Bond



Le point commun entre James Bond, Lova Moor et Joan Collins?
L'amour du risque?
Non. 
Le parfum. Cette divinité qui nous réunit tous ici bas.

A l’heure où l'Europe entière est assaillie par l’énorme campagne pub pour la sortie du nouveau film, le monde de la parfumerie est lui aussi en transe devant l’arrivée d’un nouveau héros dans son paysage.
Il aura donc fallu attendre 2012 et la célébration de ses 50 ans pour que l'espion le plus célèbre ait un nouveau gadget de séduction: une eau de toilette.
Le suspens était insoutenable, endurons-le allègrement.
La fiction a rejoint la réalité.
Pourquoi pas, après tout ? Terminator et Hello Kittie ont leur parfum aussi.

Que dire du parfum ?

Prenez un top vert de pomme fruitée et aromatique des Boss ou Hugo (même topo), mélangez au shaker, pas à la cuillère, la fougère verte d’Eternity et Egoïste Platinum sur un corps boisé de cèdre-patchouli-mousse de synthèse (inoffensive) et vous obtiendrez une vague idée de la puissance de la création.

Sorry James but I don’t feel the gun.

mercredi 7 novembre 2012

Carnage en 2013, la mort du parfum?


Dans un article paru sur le site « les échos » du 5 Novembre 12 « Les fabricants de parfums sont inquiets d'une possible refonte de la législation européenne ».
La Commission européenne sur la cosmétique envisage de prendre de nouvelles directives en 2013 visant à ré-évaluer plusieurs substances potentiellement allergènes. La commission estime que certaines matières peuvent représenter un danger pour la santé des consommateurs. 
Il est question alors de limiter à nouveau, voire d’interdire, plusieurs molécules naturelles ou synthétiques présentes dans les parfums (les classiques comme les plus récents seront directement ciblés). 
26 d'entre elles sont déjà listées sur les emballages des cosmétiques (linalol, coumarine, benzyle salicylate, eugenol, citral...)
Ex: enlever les essences de citrus de l’Eau d’Hadrien et vous obtiendrez un lamentable sirop.
Il en va de la sécurité des utilisateurs.   
Soit. 
Quid du libre choix? 
On n’oblige personne à porter un parfum. Chacun est libre d'entrer dans une parfumerie et d’acheter un N°5 ou un Angel, ou pas.
(Idem si on veut se griller une cartouche de Gitanes).
Alors, pourquoi interdire un petit plaisir sous prétexte que 1 à 3% de la population européenne fait une allergie à un de ses composants?
Ironie: faire une allergie au jasmin du Chanel 5 il y’a pire comme tragédie, pas vrai?
(Mon petit conseil: porter les parfums sur les vêtements et tout le monde sera content).
Aussi, doit-on interdire les cacahuètes sachant qu’au moins 10% des gens y  sont allergiques?
Et les pots d’échappement qui provoquent asthmes et troubles respiratoires? - les poils de chat, les fraises… La liste est longue.
Se tromperait-on donc de cible ?
C’est une lourde menace qui plane sur l’industrie et qui risque de modifier à jamais notre patrimoine parfumé. 
Le parfum c'est notre culture!
Nos parfums ont trop souffert des reformulations; on a déjà botoxé Shalimar, poussé Femme de Rochas dans les orties et anorexié Mitsouko...
On ne les reconnait plus.
Et le plus hallucinant c’est que personne ne fait rien ?
Les puissants comme LVMH, Chanel, L’Oréal, etc, et les industriels-maisons de parfumerie ont le pouvoir de dire STOP.
What's next ?
Lâchement courber l’échine et subir ou réagir et protester flacon au poing?

mercredi 24 octobre 2012

Les 2 ans du blog


photo DR.
THE EMPTY BOTTLE
fête ses 2 ans aujourd’hui !

Merci à tous les curieux, les passionnés, les lecteurs assidus, les passants !

Merci à tous ceux qui ont laissé des commentaires, des emails et partager vos opinions et points de vue.
 
Et bonjour à tous les lecteurs des 4 coins du monde (Dimi en Australie, Fafou à Seattle, Georgie à Londres, Laura à Milan, Elias à Madrid, Stef, Alex et Christian à Hambourg…, le "made in France" Loulou Blue et tous les autres :)

Du plaisir, des belles ondes parfumées et du fun!
Cheers!
 

Le blog "The Empty Bottle" doit son nom à une chanson du groupe Archive.

dimanche 14 octobre 2012

L'heure Défendue de Cartier


Photo Cartier
Il y a parfois des surprises qu’on n’attend plus.
Elles se révèlent être exquises quand elles nous font sourire et nous apporte une petite touche de plaisir, au creux du cou ou du poignet.

Devant tant de pralinerie ambiante, de coulis fruits rouges, de sorbets exotiques,  de caramels et de vanilles sirupeux trône l’inattendu : théobroma cacao.
L'heure défendue présente un cacao majestueux dans toute sa nudité et sans artifice. Il ne s’encombre pas de sucre, de vanilline ou de lécithine de soja.
Il est taillé dans la masse noire.
Le départ du parfum est riche en sucs liquoreux, comme une cosse entière de cacao qui aurait baigné dans un fût d’armagnac hors d’âge et qui en serait ressortie imbibée mais incroyablement glorifiée. Un soupçon de pruneaux confits et une pointe violette entourent des notes de foin et de tabac froissé. Un nuage de poudre de cacao extra dry et une mousse d’arbre cristallisée amplifie le caractère sec du départ jusqu’à les prolonger dans les derniers soupirs du parfum.
L’insolite c’est la verdeur qui apparaît dès le top et qui se glisse ensuite dans tout le reste de la compo, apportant ainsi vibrations à la fragrance, comme si la parfumeur* avait voulu contrebalancer l’amertume du cacao par un accord vert-ozonique (la note lierre de Roadster?).

Une limite néanmoins : porter un parfum au cacao ?
Oui et non.

L’heure Défendue n’est pas seulement une EDP au cacao, au même titre que Angel est à la praline et à la barbe à papa. L’heure Défendue est une diversion contournant les caractères habituellement sucrés et épais du chocolat et en extrait une fève brute et la dépose sur une marqueterie d’essences précieuses (cashmeran, vétiver et patchouli, cèdre fumé et notes épicées).
Rares sont les parfums aussi secs.
Un patchouli noir sans fard, dépucelé de ses habituels relents moisis et poussiéreux. C’est précisément ce cœur purifié de patchouli qui épouse les accords poudreux du cacao (résinoïde, absolu Co² ?).

Je retournerai (dès que possible) sur le corner Cartier des Galeries Lafayette pour retrouver Josiane qui vous parle des parfums de la marque avec un amour communicatif. Elle aime partager, elle aime les parfums et ça fait plaisir.

Quelques petits bijoux de la gamme: 

- Une violette irisée-boisé et salée, impeccablement sobre pour L’heure Promise.
- Un thé noir cuirassé et fumé chevauchant dans la crinière de Bucéphale pour L’heure Fougueuse (celui-là est bluffant de réalisme!!!). 

La nouvelle heure, l’heure Virtueuse est attendue pour novembre.
A suivre...

*Le parfumeur maison est une parfumeuse: Mathilde Laurent.